Philippe Mentha

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*  5.10.1933 Genève.

À Genève, après avoir suivi parallèlement à ses études classiques les cours de théâtre donnés par Nora Sylvère, M. joue au →Théâtre de Poche, Nicola dans Le Héros et le Soldat de G. B. Shaw et Enguerrand dans La Belle Rombière de Clevers et Hanoteau, deux mises en scène de →William Jacques (1954). Durant la saison 1954/55, il suit les cours de Tania Balachova à Paris. Par la suite, il est engagé au Grenier de Toulouse que dirige Maurice Sarrazin pour jouer Jodelet dans Les Précieuses ridicules de Molière (1956) et Arlequin dans Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, deux mises en scène de Simone Turck (1956). Il y rencontre →Michel Cassagne et →Georges Wod, et tient encore le rôle de Figaro dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais que met en scène Sarrazin (1957). À Genève, au cours de l’été 1957, il est l’assistant de mise en scène de →François Simon et joue Laërte dans Hamlet de Shakespeare au Théâtre grec de l’École internationale. Cette expérience heureuse conduit à la fondation du →Théâtre de Carouge par lui et Simon, entourés d’une équipe de comédiens, nouveau lieu de représentation inauguré avec La Nuit des Rois de Shakespeare dans laquelle il est Sir Tobbie (29.1.1958). Il joue dans l’ensemble des spectacles de cette compagnie de 1958 à 1962, et crée notamment sous la direction de Simon le rôle-titre dans Capitaine Karagheuz de →Louis Gaulis (12.10.1960). Il met aussi en scène une dizaine de spectacles, créant entre autres en français Don Juan ou l’Amour de la géométrie de →Max Frisch, où il interprète Don Baltazar (9.9.1959); il réalise Volpone de Ben Jonson, jouant Mosca (1961), et La Sonate des spectres de Strindberg, tenant le rôle de l’Étudiant (1962). Il passe la saison 1962/63 à Lausanne où il met en scène au →Théâtre Municipal de Lausanne (TML) On attend un évêque d’O’Casey (16.10.1962). →Charles Apothéloz le distribue ensuite dans le rôle d’Einstein, l’un des trois Physiciens de →Friedrich Dürrenmatt (11.12.1962), puis dans le Soldat d’Andorra de Frisch (19.3.1963). Durant l’été 1963, il réalise Coquin de coq d’O’Casey au Théâtre grec (1963) et de retour à Carouge Les Petits Bourgeois de Gorki (1964), La Tempête de Shakespeare (1964). Sous la direction de Simon, il joue, entre autres, les rôles de Sancho Pança et de Schweyk dans L’Ingénieux Sancho Pança de Gaulis (10.5.1964) et Schweyk dans la Deuxième Guerre mondiale de →Bertolt Brecht (1964). En 1965, il joue au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP), sous la direction de →Serge Nicoloff, le rôle de Kaliayev dans Les Justes de Camus (1966). Il réalise à Lausanne En cause: J. R. Oppenheimer de Heinar Kipphardt (1966), puis reprend la direction artistique du Théâtre de Carouge, alors que la compagnie est privée de son théâtre et devient itinérante (1966-72); il collabore alors notamment avec le Centre Dramatique Romand (CDR) d’Apothéloz pour La Muraille de Chine de Frisch au →Théâtre de Beaulieu, à Lausanne (12.4.1967), spectacle tourné en Suisse et au Canada, et pour Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de Frisch repris en tournée jusqu’au Maghreb (1968). Durant cette période, M. signe une dizaine de mises en scène, créant en français notamment Biographie de Frisch (8.5.1968) et La Serrana de José Herera Petere (31.1.1969); comme comédien, il crée en français le rôle du patron de Mr. Wren dans Les Charognards de Robert Weingarten que réalise Roger Blin au →Théâtre Municipal de Lausanne (14.3.1968) et celui de Jan Matthison, le chef charismatique des Anabaptistes de Dürrenmatt mis en scène par Jorge Lavelli au →Grand Théâtre de Genève (31.3.1969). Abandonnant la direction du Carouge lorsque celui-ci s’installe dans son nouveau théâtre, il se fixe à Lausanne et interprète notamment Amédée dans Amédée ou comment s’en débarrasser d’Ionesco monté en 1972 par →Martine Paschoud au Centre Dramatique de Lausanne (CDL), où il réalise pour sa part Le Retour de Pinter (1976), La Tempête de Shakespeare (1977) et, dans le cadre du →Festival de la Cité à Lausanne, La Grande Rage de Philippe Hotz de Frisch (1976). Durant cette période, il présente aussi à Genève L’Anniversaire de Pinter au NTP (1977), et avec le Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, il crée Jamais la mer n’a rampé jusqu’ici de →Jacques Probst (24.9.1974), joue le diplomate Alen West dans Sauvages de Christopher Hampton que met en scène →François Rochaix (1978) et tient le rôle-titre dans Prométhée enchaîné d’Eschyle sous la direction de Manfred Karge et de →Matthias Langhoff (1978). Après une année d’aménagement, il inaugure à Renens le →Théâtre Kléber-Méleau dont il assume la direction artistique dès 1979. Il y joue et met en scène, en moyenne deux fois par saison, un répertoire qui alterne textes classiques (Molière, Goldoni, Tchekhov) et œuvres contem­poraines (Beckett, Pinter, Dubillard, Yasmina Reza) dont L’Ami riche de →Matthias Zchokke (19.10.1999). En 1984/85, il a le premier rôle sous la conduite de →Benno Besson dans Moi de La­biche ­à la →Comédie de Genève (1984), puis sous celle de Matthias Langhoff dans Les Serpents de pluie d’Enquist au Théâtre national de Stras­bourg et à Renens (1985). Au côté de François et Jutta Simon, il donne au début des années soixante les cours du Théâtre de Carouge. Il enseigne aux ­→Con­­ser­vatoires de Genève et →de Lausanne, et à la →Scuola Teatro Dimitri à Verscio. Il a obtenu l’→Anneau Hans-Reinhart 1980, le prix des Belles-Lettres 1984, le grand prix de la création artistique de l’État de Vaud 1988.

Bibliographie

  • Mimos no  2, 1980.


Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: Philippe Mentha, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1230–1231, voir figure p. 1231.