Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Carouge GE

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Compagnie et troupe de théâtre (1958-72, 1977-80) et lieu de production (1958-66 et dès 1972)

Après le montage d’Hamlet de Shakespeare par →François Simon au Théâtre grec de l’École internationale de Genève, au cours de l’été 1957, une partie de l’équipe se rassemble à nouveau derrière Simon et →Philippe Mentha qui obtiennent la location d’une ancienne chapelle appartenant à la Paroisse Sainte-Croix: la salle Cardinal-Mermillod à Carouge. La Nuit des Rois de Shakespeare mise en scène par François Simon inaugure ce lieu (30.1.1958), où les principaux éléments qui constituent avec Simon et Mentha la première équipe du Théâtre de Carouge sont les comédiens →Leyla Aubert, →Claire Dominique, →Roland Sassi, ainsi que le musicien Dominique Porte et →Louis Gaulis, qui joue et écrit. Cette année-là se joignent à eux →Maurice Aufair, les scénographes →Gilbert Koull, →Jean-Marc Stehlé.­ Plus tard, viennent en renfort →Georges Wod et →Michel Cassagne du Grenier de Toulouse, →Lise Ramu, Marc Fayolle de la Comédie de Saint-Étienne. Les classiques Goldoni et Shakespeare sont parmi les plus fréquemment joués, avec des auteurs comme Tchekhov, Pirandello, Beckett, O’Casey, G. B. Shaw, Gorki et Brecht. Des œuvres d’auteurs suisses sont mises à l’affiche comme Don Juan ou l’Amour de la géométrie de →Max Frisch (9.9.1959), plusieurs pièces et adaptations de →Louis Gaulis, celles du Genevois d’adoption José Herrera Petere et la première de →Walter Weideli. François Simon et Philippe Mentha organisent aussi des cours pour jeunes comédiens dont sort notamment l’essentiel de la génération du →Théâtre de l’Atelier. Au printemps 1967, l’équipe carougeoise doit quitter son théâtre depuis longtemps promis à la démolition. Devenue itinérante, elle collabore avec le →Centre Dramatique Romand (CDR) pour La Muraille de Chine de Frisch mise en scène par →Charles Apothéloz au →Théâtre de Beaulieu à Lausanne, présentée au →Grand Théâtre de Genève et à l’Exposition Internationale de Montréal (1967), et pour Capitaine Karagheuz de Gaulis, repris par Mentha pour une tournée au Maghreb (1968). Elle poursuit son activité à la →Comédie de Genève et dès l’automne 1968 le plus souvent au →Théâtre Pitoëff. La direction artistique assurée par François Simon (1958-66) est reprise par Philippe Mentha (1966-72); les administrateurs sont →Alexandre Blanc (1959-66) puis →Guillaume Chenevière. Durant cette nouvelle période, sont notamment créées en français deux pièces de Witkiewicz par François Simon, celle de Robert Weingarten Les Charognards au →Théâtre Municipal de Lausanne sous la direction de Roger Blin (14.3.1968), ainsi que Biographie de Frisch mise en scène par Mentha (8.5.1968). En collaboration avec trois autres théâtres­ genevois, la pièce de →Friedrich Dürrenmatt Les Anabaptistes (31.3.1969) est présentée par Jorge Lavelli. Chenevière reprend la direction en 1972 et faute de soutiens financiers suffisants, les moyens scéniques sont alors réduits à l’essentiel, soulignant la qualité et l’engagement des comédiens. Forcé de quitter la scène de la Maison des jeunes et de la culture (actuellement →Théâtre Saint-Gervais), le Théâtre de l’Atelier de Genève s’associe dès 1972 aux Carougeois sur le plan administratif et tech­nique; les deux subventions s’additionnent, comme leur nom qui devient dès lors le T. Ils s’installent dans la nouvelle salle bâtie à Carouge (21.4.1972). La direction artistique est d’abord collégiale, avec Aufair, Chenevière, Wod et →François Rochaix. Elle est ensuite assurée par Chenevière (1974/75) puis par Rochaix (1975-81), qui cumule dès lors la direction artistique et administrative. Dès 1972, le T. propose en moyenne trois à quatre productions pour deux ou trois grands accueils. Pour deux ou trois saisons à partir de 1977, le T. se définit comme une troupe, avec des comédiens engagés pour toute l’année, dont font partie notamment →Dominique Catton, →Danièle Devillers, →Hélène Friedli, →Armen Godel, →Jean-Pierre Malo, →Martine Paschoud, →Claude Para, →Laurent Sandoz et le scénographe →Jean-Claude Maret. Rochaix encourage les premières mises en scène d’→Hervé Loichemol, celles de →Michel Soutter ou de →Michel Kullmann. Sous le nom d’Apéritifs-théâtre (1974-81), le T. présente une quarantaine de petites formes, dont des créations de textes de →Michel Viala: Séance par Maurice Aufair (8.10.1974), Jeu de sable par Martine Paschoud (27.12.1974), La Remplaçante par Rochaix à l’Auberge sarde de Carouge (21.7.1975), ou encore Ce Schubert qui décoiffe de et par Michel Soutter (9.9.1975). La réalisation du Prométhée enchaîné d’Eschyle en 1978 avec les comédiens du T. par →Matthias Langhoff et Manfred Karge dans un hangar de la rue de la Coulouvrenière a marqué cette période. Georges Wod prend en 1981 la direction du T. Il oriente la programmation vers un répertoire francophone classique pour grand public et confie l’écriture ou l’adaptation de fresques historiques à Monique Lachère qui signe désormais une à trois des cinq productions du T., saisons complétées de deux à trois accueils. Il invite des metteurs en scène confirmés du théâtre français, tels Georges Wilson, Simon Eine ou Jean-Paul Roussillon à réaliser des spectacles. Le T. ouvre une seconde salle dans l’ancienne menuiserie Mangola pour y présenter un répertoire intimiste (1983-85). Après la démolition de cet espace, le T. investit en 1986 le 57 de la rue Ancienne. Y prennent place son administration et une petite salle appelée "le 57", puis baptisée du nom du comédien →Gérard Carrat en 1998. Le T. est juridiquement une association (1959-98), puis une fondation de droit privé. Dès 2002, François Rochaix en reprend la direction.

Données techniques

1° Salle Cardinal Mermillod (1958-67); adresse, rue Jacques-Dalphin 32. Jauge: 384 places. Scène en abside inscrite dans le chœur de la chapelle, approximativement large de 9 m., profonde de 7 m. 2° →Théâtre Pitoëff, à Genève (1968-72). 3° Théâtre de Carouge (dès 1972): adresses, rue Joseph-Girard 13 pour la technique et rue Ancienne 39 pour le public. Le projet architectural, en délibération dès 1965 et exécuté en 1970-72, est dû au bureau Archinard, Zuber & Mégevand, conseillé par le décorateur →Roger Gaulis. La jauge de 400 places est portée à 500 dès 1982/83 (changements des fauteuils, moquettes et rideaux de scène et salle). La scène est large de 12 m., profonde de 14 m. 50 dont une avant-scène de 4 m. 50 qui peut être ouverte en fosse d’orchestre. La hauteur du cadre de scène est à 7 m. et sous les cintres à 13 m. 60. La largeur totale est de 21 m. et 60 trappes (1 m. 10 x 1 m. 35) donnent sur les dessous. En 1976, les murs de la salle couleur béton nu sont peints en noir; en 1984/85, changement du plancher de la scène et des perches. 4° Salle Mangola (1983-85): adresse, Clos de la Fonderie. Surface d’environ 10’000 m2, et jauge de 120 places (gradin). Scène large et profonde d’environ 10 m., hauteur comprise entre 6 m. 50 et 8 m. au faîte du toit. 5° Le "57", puis dès 1998 salle Gérard-Carrat: adresse, rue Ancienne 57. Local loué dès 1986 pour l’administration et le magasin de costumes et d’accessoires. Après la démolition de la salle Mangola, une petite salle de 135 places est installée suivant les plans des architectes François et Danuta Mentha. La scène est large de 9 m., profonde de 4 m. 50. avec un cadre de scène à 3 m. et une hauteur totale de 6 m. Une poutre de soutènement au centre du plateau est enlevée en 2003.

Bibliographie

  • Sylvain Brauchi et Maurice Schneeberger, Mon théâtre a quarante ans, Carouge, 1998.


Auteurs: François Marin / Joël Aguet



Source:

Marin, François / Aguet, Joël: Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Carouge GE, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1903–1904, voir figure p. 1903.