René-Louis Piachaud

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*  19.1.1896 Genève, † 11.11.1941 Genève.

Après avoir suivi des études classiques au Collège de Genève (1907-13), P. séjourne à Londres (1913-15) et publie ses premiers poèmes dès 1914. Critique dramatique au Journal de Genève dès 1919, il est un acteur clé de la vie artistique genevoise de l’entre-deux-guerres. Il se distingue notamment par ses traductions en français du théâtre de Shakespeare. →Ernest Fournier met en scène à la →Comédie de Genève ses premières adaptations, Le Songe d’une nuit d’été (14.3.1923) et La Tragédie d’Othello (26.3.1925). Doté d’une conscience aiguë des sensibilités de son époque, ainsi que des possibilités d’effets de réel et de mise en jeu offertes par les techniques théâtrales de son temps, il n’hésite pas, dans ses traductions, à prendre des libertés avec les textes originaux. Il s’en explique notamment dans l’introduction de La Farce des joyeuses commères, comédie montée par la →Société genevoise des amis de l’instruction au →Grand Théâtre de Genève (1.3.1928). Suivant une démarche identique, il choisit de stigmatiser le pouvoir de la plèbe dans La Tragédie de Coriolan, dont la traduction reflète clairement des opinions antidémocratiques. Présentée à la Comédie-Française dans un contexte politique tendu sous la direction d’Émile Fabre (9.12.1933), les représentations successives de la pièce sont mises à profit par la droite antiparlementaire française et contribuent à aggraver les tensions qui précèdent les violences de Paris du 6 février 1934. En Suisse, sa version est montée par →Jacques Béranger au →Théâtre Municipal de Lausanne en décembre 1934 et par Ernest Fournier au Grand Théâtre de Genève en mars 1935. Parmi ses autres adaptations de Shakespeare, Le Marchand de Venise est joué au Grand Théâtre par la Société genevoise des amis de l’instruction (24.5.1934) et Le Roi Lear présenté par →Maurice Jacquelin à la Comédie (21.3.1941). La Comédie accueille en outre La Comédie du théâtre d’après Sheridan que réalise Ernest Fournier (16.3.1931) et L’École des pères inspirée de Térence et dirigée par Henry Gicquel (15.12.1938). Il a aussi produit des poèmes destinés à des spectacles monumentaux, montés dans des décors naturels et grandioses. À l’occasion de la IVe Fête du Rhône, organisée à Genève, il écrit un dithyrambe, Évocation du fleuve Rhône, mis en musique par →Frank Martin, qui est représenté sur fond de lac Léman, à la Campagne Bartholoni (6.7.1929), et un diptyque, L’Offrande au Rhône, mis en musique par →Samuel Baud-Bovy et Louis Piantoni, créé le lendemain sur l’île Rousseau et le pont des Bergues (7.7.1929). Il signe aussi le poème chorégraphique Hadès et Coré, mis en musique par →Carlo Boller, dirigé par Jacques Béranger lors de la XXe Fête des Narcisses de Montreux (1.7.1938). Il commente le Cé qu’é laino, chant patriotique genevois du XVIIesiècle, et en donne une adaptation en français moderne aux sous-entendus très en vogue dans la droite locale au temps du gouvernement socialiste de Léon Nicole (1935). Dans le même esprit, son poème Genève chante. Poème du Festival Jaques-Dalcroze (19.6.1937), perçu comme la célébration du retour de la droite au pouvoir, est présenté dans le cadre bucolique de la Perle du Lac dans une réalisation de Jo Baeriswyl, comme au Grand Théâtre sa version de La Dévotion à la croix de Calderón (11.2.1939). Ses Œuvres complètes sont publiées sous la direction de Marc Chouet (1982).

Bibliographie

  • P. 1896-1941. Cinquantième anniversaire de sa mort, Carouge, 1991.

Archives

  • Fonds P., Bibliothèque publique et universitaire, Genève.


Auteur: Serge M. Zuber



Source:

Zuber, Serge M.: René-Louis Piachaud, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1408.

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