Pierre Estoppey

Aus Theaterlexikon
Wechseln zu: Navigation, Suche

*  29.6.1911 Lausanne VD.

Après l’École cantonale de dessin (1927-30), E. entre à l’atelier Alphonse Laverrière où il obtient en 1933 le certificat de dessinateur d’architecture, métier qu’il exerce durant une quinzaine d’années, tout en apprenant l’art du vitrail chez le peintre et maître-verrier Marcel Poncet. S’il est avant tout peintre, son goût très vif pour le baroque et les arts de la décoration l’amènent à réaliser sept peintures murales, trois ensembles de vitraux, de nombreuses illustrations de livres, et à être le créateur éclectique de plusieurs décors, costumes et musiques de théâtre. En 1950, dans les salons de la Guilde du livre à Lausanne, il réalise les décors et la musique pour Le Retable de Don Cristobal et La Savetière prodigieuse de García Lorca mis en scène par Richard-Édouard Bernard. Dès l’ouverture du Caveau des →Faux-Nez en mars 1953, il collabore avec →Charles Apothéloz, réalise les décors et costumes d’Un mot pour un autre de Tardieu, dessine rideaux et cadres appropriés aux projections de Monsieur Jabot de →Rodolphe Töpffer, spectacle qu’il accompagne au clavecin. En 1954, il conçoit la réalisation de Oui et Non d’Éric Schaer entièrement en lumière noire, puis Les Fredaines de M. Punch de Payne Collier. Au Festival de La Côte 1956, à Aubonne, il crée dans une rigoureuse sobriété de tons les costumes de Musique de tambour de →Fernand Chavannes (15.7.1956). Pour le →Théâtre de Carouge, il signe aussi les costumes et le décor de Cnémon le Misanthrope de Ménandre, créé en français au Théâtre grec de l’École Internationale de Genève (5.6.1959), et ceux de Don Juan ou l’Amour de la géométrie de →Max Frisch créé en français par le Théâtre de Carouge à la →Comédie de Genève, Genève GE (9.9.1959), deux mises en scène de →François Simon. L’année suivante, il invente une autre version des décors et costumes du Don Juan de Frisch pour la réalisation d’Apothéloz au →Théâtre Municipal de Lausanne (TML): des géants composés de formes simples en aplats sont placés hors scène de chaque côté du rideau. Il collabore aussi avec Paul Pasquier, notamment pour Terre sans Ciel de →Cäsar von Arx au TML (1957). Pour Goetz de Berlichingen de Goethe, adapté et monté par →Jean Kiehl au Théâtre des Célestins à Lyon et à la Comédie de Genève (1962), l’immense croix qu’il dresse sur des plateaux mobiles saisit par sa grandeur tragique. Pour les deux mêmes théâtres, il conçoit en 1968 les décors de Thomas More de Bolt présenté par →William Jacques, pour qui il esquisse aussi les costumes de La Cerisaie de Tchekhov à la Comédie (1975). En 1987, il dessine les décors d’Aliénor de →René Morax réalisé par →Jean Chollet au →Théâtre du Jorat. Un portrait filmé lui est consacré: P. E. peintre (Plans-fixes no  1068, 1989).

Bibliographie

  • P. E., Lausanne, Roth & Sauter, 1971.
  • Charles-Henri Favrod et al., P. E., Lausanne, au Verseau, 1986.
  • P. E., Lausanne, Galerie Vallotton, 1991.


Autrice: Claude-Anne Borgeaud



Source:

Bourgeaud, Claude-Anne: Pierre Estoppey, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 544, voir figure p. 544.