William Jacques

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* 10.8.1917 Genève, † 27.2.2000 Genève. ∞ 3.9.1962 Raymonde Boucaud, marionnettiste. De son vrai nom Jacques Vaëna.

J. naît dans une modeste famille turque immigrée. Il débute avec le →Théâtre d’art prolétarien, jouant un matelot dans La Rupture de Boris Lavreniev à la Salle communale de Plainpalais, à Genève (1931). Il y est remarqué pour son jeu comique, notamment dans Vive Boulbasse de Régis Gignoux (1936). Il forme aussi un duo de cabaret chanté avec Hermann Leiffel, qui anime les soirées ouvrières genevoises, puis est le Récitant de Genève libre, grand spectacle de Robert Jaquet et Théo Roth commandé par les syndicats et présenté au Bâtiment électoral de Genève (29.4.1939). Durant la Seconde Guerre mondiale, il s’impose comme professionnel à Genève. Avec →François Simon, il fonde et dirige la Compagnie des Cinq (1942-49), interprètant entre autres, en 1947, le vieux Sorine dans La Mouette de Tchekhov, l’un de ses auteurs préférés. Au →Théâtre de Poche, petite scène dirigée par →Fabienne Faby, il joue dès l’ouverture en 1948, puis en devient le metteur en scène attitré pour une quarantaine de spectacles (1949-56), dont La Grande Guerre du Sondrebond de →Charles Ferdinand Ramuz qu’il réalise avec François Simon (1950) et les créations en français de La Cocktail party de T. S. Eliot en novembre 1953 puis de Dix minutes d’alibi d’Anthony Armstrong (1954). Il monte aussi Oncle Vania de Tchekhov dont il interprète le rôle-titre (1955). Dès 1949, →Bodjol réalise les toiles peintes de la plupart de ses spectacles au Poche, comme plus tard à la →Comédie de Genève. Il tient de grands rôles dans plusieurs créations en français de →Max Frisch et de →Friedrich Dürrenmatt, d’abord mises en scène par →Charles Apothéloz à Lausanne. De Frisch, il interprète Bonhomme dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires aux →Faux-Nez (17.9.1959) puis, au Théâtre Municipal de Lausanne (TML), l’Instituteur dans Andorra (19.3.1963) et, au →Théâtre de Beaulieu, l’Homme en frac dans La Muraille de Chine (12.4.1967), spectacle présenté en Suisse et au Canada. De Dürrenmatt, il a le rôle-titre dans Romulus le Grand (1960) et joue Newton dans Les Physiciens (11.12.1962), au TML, puis Augias dans Hercule et les écuries d’Augias au →Théâtre de Vidy (24.10.1964); il est aussi le Comte dans Le Mariage de Monsieur Mississippi dirigé au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP) par →Gérard Carrat (1964), qui plus tard lui confie le rôle de Schwitter dans Le Météore à la Comédie de Genève (18.2.1975). De Frisch, il interprète encore Tenorio père dans Don Juan ou l’Amour de la géométrie mis en scène par →Michel Soutter à la Comédie de Genève (1982). Comme metteur en scène, il crée en français deux pièces de Dürrenmatt: Une soirée d’automne aux Faux-Nez en mars 1960 et Play Strindberg au →Capitole de Bienne (8.3.1971). Il dirige ensuite Monsieur Bonhomme et les Incendiaires à la Comédie de Genève (1973), où il reprend le rôle-titre. Parmi ses nombreuses mises en scène, on lui doit la création en français de Second service de Mrożek (22.1.1970) et la découverte de plusieurs pièces genevoises: Le Pouvoir et le Rêve (9.3.1967) et Portrait sans mémoire (17.2.1979), de Bernard Falciola, Vacances de →Michel Viala (16.9.1976), toutes présentées au NTP. À la Comédie, il crée Éclatant soleil de l’injustice, tragédie de →Walter Weideli consacrée à l’affaire Sacco et Vanzetti (25.3.1968). Sur cette scène, il présente à nouveau des œuvres de Tchekhov: Oncle Vania (1974) et La Cerisaie (1976). Il monte plusieurs fois l’→Histoire du Soldat de Ramuz et Strawinsky, d’abord à la Salle de la Réformation à Genève (1952), puis au Théâtre de Beaulieu à Lausanne (1960) et au →Grand Théâtre de Genève (1968). En 1969, il joue Mulberry, du trust du chou-fleur, dans La Rési­stible Ascension d’Arturo Ui de →Bertolt Brecht que monte Georges Wilson avec le Théâtre National Populaire, à Paris. Pour François Simon, il campe Grün, un psychanalyste freudien, dans Le Fou et la Nonne de Witkiewicz, créé en français au →Théâtre Pitoëff de Genève (16.11.1971). Dirigé à Lausanne par Apothéloz, il est à nouveau remarqué à Vidy dans le rôle-titre de Protée de Claudel (1973). On lui doit aussi des centaines de mises en ondes radiophoniques, notamment de la série policière Énigmes et Aventures.



Autrice / Auteur: Sophie Bouvet / Serge M. Zuber



Source:

Bouvet, Sophie / Zuber, Serge M.: William Jacques, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p 913–914, voir figure p. 913.

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