Claude Stratz

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* 7.5.1946 Zurich.

Licencié en psychologie de l’Université de Genève en 1971, S. reste durant deux ans assistant de recherche de Jean Piaget au Centre d’épistémologie. En parallèle, il suit les cours de →Richard Vachoux et de →Leyla Aubert au →Conservatoire de Genève, puis joue au →Nouveau Théâtre de Poche en 1971. Après deux mises en scène remarquées dans le off genevois, Les Bakkhantes d’Euripide en 1975 et Tamerlan d’après Marlowe en 1976, il se voit offrir par →François Rochaix la mise à disposition du →Théâtre de Carouge, où il monte Woyzeck de Büchner en 1978, puis il est invité par Richard Vachoux pour réaliser à la →Comédie de Genève Le Prince de Hombourg de Kleist en 1980. Ayant assisté aux répétitions de La Dispute de Marivaux à Paris en 1973 puis à la reprise de La Tétralogie de →Richard Wagner en 1980 à Bayreuth, il rejoint le metteur en scène Patrice Chéreau comme principal assistant aux Amandiers de Nanterre (1981-88), et ce Théâtre invite puis coproduit les deux spectacles qu’il met en scène à la Comédie, dirigée alors par →Benno Besson, Le Legs et L’Épreuve de Marivaux en 1985 et Le Suicidé de Nicolaï Erdmann en 1987. À son tour directeur de la Comédie (1989-99), il amplifie l’ouverture aux grands noms de la mise en scène européenne et offre un tremplin à quelques jeunes metteurs en scène et compagnies du off genevois, dont le →Théâtre du Loup, →David Bauhofer, →Omar Porras. Il met en scène ses interrogations ludiques sur l’art du théâtre, superposant différents degrés de vérité et de sincérité du jeu, notamment dans deux Pirandello Chacun à son idée (1989), Ce soir on improvise (1999) ou dans L’École des mères et Les Acteurs de bonne foi de Marivaux (1992). Avec de jeunes distributions, il montre la cohésion fluctuante de petits groupes isolés dominés par la peur dans Le Baladin du monde occidental de Synge (1993) et Sa Majesté des Mouches d’après William Golding (1998). Explorant les rapports de l’individu au groupe social, il aime mettre en évidence le caractère relatif de la vérité, qu’elle soit politique dans Jules César de Shakespeare (1990), religieuse dans L’Otage et commerciale dans Le Pain dur de Claudel (1992), scientifique dans Un ennemi du peuple d’Ibsen (1996); il épingle de même le désenchantement du Fantasio de Musset (1995) et la myopie historique de Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de →Max Frisch (1995). Il porte aussi à la scène l’écriture dramatique d’→Olivier Chiacchiari, dont il crée Le Drame (12.5.1997), avant de lui confier l’adaptation de Sa Majesté des Mouches (22.1.1998). Pour obtenir de fortes propositions scénographiques qui lui permettent de déployer le jeu des comédiens avec un soin perfectionniste, il collabore fidèlement avec deux grands décorateurs, →Frédéric Robert jusqu’à sa mort en 1989, puis Ezio Toffolutti dès 1992. Succédant à →Leyla Aubert, il prend la direction de l’→ÉSAD - École supérieure d’art dramatique du Conservatoire de Genève (1999-2001), puis il est nommé à la tête du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris en septembre 2001. Il met en scène à la Comédie-Française Le Malade imaginaire de Molière (2001), puis au Vieux-Colombier Les Grelots du fou de Pirandello dans un décor de →Jean-Marc Stehlé (2005). Il réalise sa première mise en scène lyrique, La Bohème de Puccini à l’→Opéra de Lausanne (2003).

Bibliographie

  • Bernard Sobel et Alain Girault, "Le “pourquoi”, entretien avec C. S.", in Théâtre / public n° 69, Gennevilliers, mai-juin 1986.
  • Sylvie de Nussac, Nanterre Amandiers, les années Chéreau 1982-1990, Paris, Imprimerie nationale, 1990.
  • Joël Aguet, La Comédie de Genève 1989-1999, Genève, FAD, 1999.
  • Olivier Celik, "Le funambule de la vérité" in L’Avant-scène théâtre n° 1177, Paris, 2005.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Davier, Anne: Raoul Lanvin, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, 1764–1765, voir figure p. 1764.