Théâtre de l’Usine, Genève GE

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Lieu dévolu aux réalisations des compagnies indépendantes de théâtre et de danse

Le T. trouve son origine dans des actions dites sauvages, organisées au milieu des années 1980 par l’association genevoise État d’urgence (1985-97) pour revendiquer un lieu pluriculturel alternatif, permanent et autogéré. Il poursuit depuis 1998 ses activités au sein de l’Association Usine. Après un bref premier contrat de confiance de la Municipalité, qui met à sa disposition la Villa Fiasko, rue Beaulacre 10 où Agnès-Maritza Boulmer réalise L’Atroce Fin d’un séducteur d’Anca Visdei (8.7.1986), la Ville de Genève attribue en 1987 trois des cinq étages inférieurs de l’ancienne Usine genevoise de dégrossissage d’or (UGDO) à État d’urgence et à l’association Post Tenebras Rock. Le T. s’y installe en 1989 et équipe une salle au rez-de-chaussée. Ses premières activités, tout comme celles du cinéma Spoutnik et de l’espace d’exposition Aphone (aujourd’hui Forde), sont au départ essentiellement financées par les bénéfices du bar Le Débido et les concerts organisés dans la salle du Kabaret, avant de bénéficier dès 1991 de subventions publiques. Avec à sa tête Éveline Murenbeeld et Sandrine Kuster, le T. s’affiche comme un espace ouvert à des nouvelles équipes ayant du goût pour l’expérimentation théâtrale. →La Bâtie-Festival de Genève y loge par deux fois son programme de poésie sonore (1989-90), dans le cadre duquel est notamment réalisée la performance Feuille de métal de la danseuse →Fabienne Abramovich et du musicien David Moss (13.9.1990). La compagnie des Basors dirigée par Éveline Murenbeeld présente ses réalisations chorales Usessaud ou le Changement des basors d’après Michel Thévoz (1990) et Es­pèces d’espaces de Georges Perec (1992). Un groupe de jeunes comédiens y monte aussi La vie est un songe de Calderón (1990), spectacle fondateur du →Théâtre du Garage. Dès 1994, Anne Rosset (1994-99), →Gilles Jobin (1994-96) et →Yann Marussich (1994-2000), ainsi que David-Alexandre Guéniot (1997-99), renforcent progressivement la présence de la danse contemporaine. Après d’importants travaux d’aménagement, un festival annuel de productions chorégraphiques régionales se tient dès novembre 1998. Le genre dramatique est représenté, entre autres, par le →Théâtre Spirale de Patrick Mohr, avec sa création Contre (16.3.1995), Le Monte-plats de Pinter que réalise →Andrea Novicov (1995), ou le Théâtre du Sentier de →Claude Thébert et →Anne-Marie Delbart avec Sur le théâtre­ de marionnettes de Kleist (1997), ou encore →Éric Salama avec L’Héritier de village de Marivaux (1997). Absentes de l’affiche pendant plus de deux ans dès mars 1998, des réalisations théâtrales sont à nouveau présentées au T. après l’arrivée en 1999 de nouvelles programmatrices, Karine Décorne (1999-2002), puis Florence Chappuis. On peut voir notamment le monologue Les Arbres sous-marins de Célia Houdart dit par Pierre Mifsud (30.4.2001), La Mort à vivre d’→Eugène adaptée à la scène par Didier Carrier (2002), et Music-Hall de Jean-Luc Lagarce mis en scène par Patrick Heller (2003).

Données techniques

adresse, 1° place des Volontaires 4 (1989-98), 2° rue de la Coulouvrenière 11 dès 1998. Espace modulable de 17 m. sur 6 m. 50, situé au rez-de-chaussée de l’ancienne UGDO. De janvier à novembre 1998, des travaux lourds permettent de déplacer le T. sur un flanc du complexe de l’Usine et de favoriser son isolation sonique, d’aménager des loges, une régie et un foyer pour le public. Espace scénique: ouverture 8 m., profondeur 9 m., hauteur sous le gril 5 m. 50. La jauge est de 90 places.



Auteur: Jorge Gajardo Muñoz



Source:

Muñoz, Jorge Gajardo: Théâtre de l’Usine, Genève GE, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1911.