Théâtre Populaire Romand (TPR), La Chaux-de-Fonds NE

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Troupe de théâtre (1959/60, 1961-85), puis lieu de production

Grâce à un important soutien syndical qu’obtient →Bernard Liègme, la Société coopérative du théâtre populaire et culturel romand (TPR) est fondé en 1959 à Neuchâtel, et sa direction confiée au metteur en scène français Marcel Tassimot. En 1960, après les tournées de deux pièces classiques (Molière et Kleist), l’expérience s’avérant trop coûteuse est interrompue. Le TPR réapparaît dès le mois d’août 1961 sous la nouvelle direction de →Charles Joris (1961-2001), avec Liègme comme dramaturge (1961-67). Joris assume la direction du TPR. Après sa première création (Les Murs de la ville de Liègme au →Casino-Théâtre du Locle en 1961), la troupe s’installe dans une ferme à Chézard NE, où elle mène une existence communautaire précaire. Elle est composée notamment à ses débuts de Maryvonne Joris, Raymond Braun, →Émile de Ceuninck qui compose les musiques, Arthur Grosjean, →Béatrice Perregaux et arrivent peu à peu →Roger Jendly, →Guy Touraille, →Roger Cuneo, →Michèle Gleizer, →Yvette Théraulaz, Jaqueline Payelle. L’équipe alterne des relectures de pièces du répertoire, des créations comme Le Procès de la truie d’→Henri Debluë au Théâtre du Casino de Montreux (27.3.1962), Adieu Jérusalem de Charles Prost au Sentier (1962), Le Soleil et la Mort de Liègme à Neuchâtel (20.7.1966). Elle réalise une première création collective avec Jeunesse 64, fiction construite comme une critique politique et sociale; réalisée pour l’Expo 64 à Lausanne, testée pour la première fois en public à La Sagne en mai 1964, puis dans une quinzaine de villages avant d’être retravaillée et donnée alors au →Théâtre de Vidy (27.9.1964), puis en tournée suisse et française, publiée l’année suivante sous le titre Jeunesse 65, et présentée dans son évolution jusqu’en 1967. La troupe se donne pour objectif d’élargir son public et de le former. Elle décentralise ses activités dans les villes et les campagnes, anime des ateliers dans les écoles, les syndicats, les compagnies de théâtre amateur, organise des rencontres, des expositions, des débats. Dans le courant des années septante, elle bénéficie durant plusieurs années des talents d’Anne-Marie Jan, →Claire Flohr, →Claude Thébert, Laurence Rochaix, →Michel Kullmann, →Pierre Arbel, →Gilles Lambert comme scénographe, →Philippe Morand, →Bernard Escalon. Le TPR publie un journal (environ bimestriel jusqu’en 1985, occasionnel ensuite: 195 numéros parus en 2002) et édite les textes des spectacles, enrichis d’un appareil critique et documentaire (55 titres de 1961 à 1997). Il met sur pied ses premiers festivals, à Estavayer FR (1962), puis à Neuchâtel (1964-66). Le Festival de Neuchâtel reprend de 1983 à 2000. Dès 1965, le TPR cherche un ancrage urbain et définit pour cela un plan d’implantation triennal. La Ville de La Chaux-de-Fonds, qui participe à un projet pilote de recherche expérimentale de développement culturel à l’initiative du Conseil de l’Europe, accepte ce plan en mai 1968. Le TPR y organise onze biennales (1968-90) dont les thèmes sont liés à ses préoccupations politiques ou artistiques. En 1981, la Ville de La Chaux-de-Fonds acquiert la maison et la salle de théâtre de →Beau-Site qu’elle loue au TPR dès 1983. En 1985, faute de moyens, la troupe permanente se dissout; Joris continue de réaliser un à deux spectacles par saison, mais engage chacun au coup par coup. Dès 1990, Jacqueline Payelle relance un Théâtre des enfants, après l’expérience d’une série de spectacles d’initiation au théâtre destiné à la jeunesse (1967-76). Elle propose une saison pour le jeune public, la création de spectacles pour enfants et adolescents, ainsi qu’une école de théâtre. En septembre 2001, Gino Zampieri prend la tête du TPR, où il avait déjà joué (1962, 1965) et mis en scène trois pièces italiennes (1990, 1993, 1999). Pour son premier spectacle, il met en scène la création française de Killer Joe de Tracy Letts (19.2.2002), témoin d’un théâtre américain contemporain au réalisme proche des séries télévisées.

Bibliographie

  • L’Amant militaire, 27e mise en scène du TPR, La Chaux-de-Fonds, 1976.
  • Bernard Liègme, Le Feu du théâtre, Lausanne, 1980.
  • Charles Joris (entretiens avec), Le TPR, Berne, 1981.
  • Verena Hoehne, Peter Zeindler, Zwei Theater unterwegs: TPR (La Chaux-de-Fonds) und Theater für den Kanton Zürich (Winterthur), Bonstetten, 1981.
  • Danièle Guillaume-Gentil, "Pratiques théâtrales et politique culturelle: l’exemple du TPR à La Chaux-de-Fonds", Lausanne, mémoire de l’École d’études sociales et pédagogiques, 1985.

Archives

  • Collection suisse du théâtre, Berne.


Auteur: Yvan Cuche



Source:

Cuche, Yvan: Théâtre Populaire Romand (TPR), La Chaux-de-Fonds NE, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1931–1932.