Séverine Bujard

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*  24.7.1947 Lausanne. ∞ IIo  →Raoul Pastor.

Après deux ans à l’→ÉRAD à Lausanne (1968-70), →Charles Apothéloz l’engage au →Centre Dramatique de Vidy pour interpréter Madame Mockinpott dans Comment Monsieur Mockinpott fut libéré de ses tourments de Peter Weiss (10.6.1970). Pour →André Steiger, elle est Marie-Antoinette dans Beaumarchais an I: ça ira d’après Beaumarchais (1971/72) et Zerbinette dans Les Fourberies de Scapin montées par →Angelo Corti (1973). En 1974, elle entre au →T’Act où, sous la direction de Steiger, elle joue entre autres au Centre Dramatique de Lausanne (CDL) la veuve et tenancière du saloon Léocadia Bigreddish dans Pour un dollar d’opéra de →Bernard Bengloan (21.10.75), Madame Argante dans Les Acteurs de bonne foi de Marivaux (1976), et participe aux Querelles intestines de Bengloan et →Michel Beretti au Festival d’Avignon (1976). Au CDL, elle crée le rôle de Caligula dans Les Césars du Cirque Suétone de →Louis Gaulis mis en scène par →Michel Grobéty (24.1.1978). Son tempérament ardent, sa voix grave et profonde la destinent aux caractères forts et souvent aux rôles de séductrices. Au CDL, pour Steiger, elle est l’intrigante Peregrina dans Volpone de Ben Jonson (1979). Pour →Michel Soutter, elle joue Catherine dans Triptyque de →Max Frisch (1979), puis elle incarne Angela dans Les Archanges ne jouent pas au flipper de Dario Fo pour Angelo Corti (1980). Au →Théâtre de Carouge-Atelier de Genève sous la direction de →Georges Wod, elle joue une douzaine de personnages marquants (1981-93), dont le rôle-titre dans deux tragédies raciniennes: Phèdre montée par →Maurice Aufair (1982) et Bérénice par Walter Pagliaro (1985). Elle est aussi Catarina, La Mégère apprivoisée de Shakespeare dont elle signe la mise en scène avec →Daniel Briquet (1984), Felice dans Les Rustres de Goldoni que présente Georges Wod (1992), Frosine dans L’Avare monté par Jean-Paul Roussillon (1987), Dorine dans Tartuffe de Molière mis en scène par Simon Eine (1990), rôle qu’elle reprend pour →Benno Besson au →Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne VD puis en tournée (1994-96). De 1983 à 1992, elle réalise aussi chaque saison une mise en scène pour le Théâtre de Carouge-Atelier de Genève: elle y monte notamment Les Eaux et forêts de Marguerite Duras (1983), Dom Juan de Molière (1984), La Puce à l’oreille de Feydeau (1987), Fin de partie de Beckett (1991). Au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP), elle présente entre autres Madame de Sade de Mishima (1989). En 1993, elle fonde la Compagnie du théâtre des songes qui réalise Un chapeau de paille d’Italie de Labiche à l’→Octogone de Pully et en tournée (1994), puis La Nuit des Rois de Shakespeare au Festival d’Aubonne (2002). Au →Théâtre du Grütli, Genève GE pour →Françoise Courvoisier, elle crée le rôle de la prostituée militante Grisélidis d’après La Passe imaginaire de Grisélidis Réal (1.6.1993). Au NTP, elle joue Vladimir dans La Seconde Chute de →Sylviane Dupuis mise en scène par →Philippe Morand (9.9.1996). Au →Théâtre des Amis qu’elle fonde à Carouge en 1995 avec Raoul Pastor, elle est notamment pour lui la Comtesse Livia dans Senso de Camillo Boito (1997, 2000) et joue dans la douzaine de spectacles qu’elle met en scène de manière enlevée et généreuse, qu’il s’agisse d’ouvrages comiques et populaires comme Feu la mère de Madame de Feydeau (1996), L’Affaire de la rue de Lourcine de Labiche (1997), Les Deux Orphelines de Donnery et Cormon (1998), Léonie est en avance de Feydeau (2000), ou d’œuvres plus intimistes comme American Buffalo de David Mamet (1996), Le Chanteur d’opéra de →Frank Wedekind (1999), La Nuit de l’iguane de Tennessee Williams (2001). En 1997, elle met aussi en scène au →Théâtre Kléber-Méleau, Renens VD, puis à la Comédie, Des journées entières dans les arbres de Marguerite Duras. En 2001, pour →Anne Bisang, elle tient le rôle de la mère dans Les Larmes amères de Petra von Kant de Fassbinder à la Comédie.



Autrice: Sophie Sallin



Source:

Sallin, Sophie: Séverine Bujard, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 298–299.